Ainsi, selon l’Office National des Statistiques, la population urbaine a passé, en 2008, le cap de 65%, ce qui s’est traduit naturellement par une demande additionnelle en logements, en équipements et services de proximité, indispensables à la vie communautaire.
Dans son allocution d’ouverture aux 1ères Assises Nationales d’Architecture, le Président de la République a rappelé qu’ « il y a lieu d’assurer l'intégration des nouveaux programmes dans un schéma d'urbanisme cohérent, assurer dans leur définition et leur exécution les conditions d'une qualité de vie conforme aux aspirations de nos concitoyens à l'hygiène, à la tranquillité, à la saine détente et à la convivialité ; c'est là une exigence que nous ne devons pas éluder ».
Ainsi, grâce aux plans de développement, mis en œuvre durant la décennie 2000-2010, l’Algérie a renoué avec la dynamique de développement local. Ses agglomérations ont connu des croissances appréciables, de véritables changements d’échelles se sont opérés et sont appelés à s’amplifier à la faveur du programme de développement 2010-2014.
Cela fait vingt années que la loi sur l’aménagement et l’urbanisme est en vigueur. Les instruments d’urbanisme qu’elle a institué ont certes contribué à l’amélioration de la gestion de l’espace mais ont été présenté parfois, par certains praticiens de l’urbanisme, comme des obstacles à la mise en œuvre d’un urbanisme novateur.
C’est pour cela qu’il apparaît opportun de mettre en débat toutes les questions en rapport avec les pratiques de l’urbanisme qui sont l’affaire de tous et à ce titre, toute la société est invitée à participer à la conception d’une nouvelle approche de l’urbanisme dans notre pays.
Comment rendre efficace l’action de développement et d’aménagement, tant dans l’espace urbain que dans l’espace rural ? Quelles sont les mesures et actions d’amélioration et d’adaptation de la planification et de l’aménagement de l’espace ? Comment rendre efficace l’action publique de l’amélioration urbaine ? Comment gérer les nouvelles réalités urbaines ?
Le débat est devenu incontournable, parce que les mutations économiques et sociales que connaît l’Algérie se traduisent sur le terrain par une urbanisation toujours plus accélérée qu’auparavant, qu’il nous importe de maitriser par l’utilisation d’outils efficaces capables d’encadrer une croissance rapide et lui garantir l’harmonie et la cohérence souhaitées par tous.
Ce sont là, les motivations qui ont présidé à l’organisation des assises nationales sur les questions de l’urbanisme, dont l’objectif assigné par les pouvoirs publics est indubitablement l’amélioration du contexte de production de l’acte de bâtir et du cadre de vie du citoyen.
Ces assises seront précédées par des rencontres régionales préliminaires qui favoriseront les débats et échanges entre les différents acteurs et partenaires de l’urbanisme (Etat, collectivités, élus, organismes professionnels, architectes, urbanistes, experts, entreprises, universitaires, chercheurs , associations et citoyens).
Je suis persuadé que le domaine de l’urbanisme traduit non seulement un acte de civilisation de chaque nation, mais aussi un projet de société. Il demeure également que sa concrétisation implique, dans sa mise en œuvre, de nombreux opérateurs et usagers.
Je vous convie par conséquent à apporter votre contribution pour amorcer le processus d’un traitement graduel des problématiques inhérentes à l’urbanisme, en mesure de répondre aux exigences nouvelles de notre société.
Monsieur Noureddine MOUSSA |